Un portait chinois

Portrait par Sébastian Roché, pour l’association des anciens de l’IEP de Grenoble, juin 2014, disponible sur : http://diplomes.upmf-grenoble.fr/gre

  « Professeur de Science Politique »

 

Yves SCHEMEIL (IEP : 1969 PS – DES Sc. Pol. : 1970 – Doctorat d’Etat : 76), Membre honoraire de l’Institut Universitaire de France, Professeur de Science Politique

Pourquoi Yves Schemeil, professeur de sciences politiques, se lance-t-il parmi les premiers, dans la production d’un MOOC de géopolitique ? Il veut permettre aux étudiants de regarder sur la ligne de l’horizon de 2065, au niveau mondial. Rien de moins. Et cela nous conte, en résumé, l’esprit qui l’anime : il aime les défis, il adore regarder plus loin que le bout se sa chaussure, beaucoup plus loin, il s’amuse de penser à l’échelle qui est devenue une expression banale, l’échelle globale.

Un retour sur l’itinéraire de celui qui fut mon professeur à Sciences-Po, puis mon second directeur de thèse et d’HDR, permet de mieux le comprendre. Sa trajectoire est profondément ancrée à Grenoble, et singulièrement à Sciences-Po, mais elle sillonne les deux hémisphères. Sans doute est-ce à la fois dans ses gènes et son éducation initiale. Né en Egypte, il fait ses études à Beyrouth (sciences éco et sociologie) avant de venir en 1967 à Sciences po. Il voulait se former sur l’Europe pour être fonctionnaire international. Que nenni : il va passer l’agrégation de Sciences politiques en France à 29 ans – pourquoi attendre ? –, puis partir à UCLA où il occupe durant un semestre la chaire de Malcom Kerr. Il revient à Grenoble comme professeur à Sciences Po et pour s’y voir confier la direction à 33 ans dans la foulée. L’âge de l’innocence et de l’énergie : il s’engage, pressé par Claude Domenach et Jean-Louis Quermonne, soutenu par François d’Arcy et Frédéric Bon, à le réformer en profondeur pour l’adapter, déjà, aux défis de l’enseignement supérieur. Nous sommes en 1981, et à cette époque Sciences po a besoin d’un sacré coup de torchon et de modernisation, ne serait-ce que parce que les dinosaures de l’époque marxiste sont encore en place. Une tâche qui en a enseveli bien d’autres sous les réunions, les corporatismes, les rigidités d’un système français qui n’en a aujourd’hui encore pas fini d’essayer de muter. Energique et « pas lié par les usages », il se met à l’ouvrage. Pendant 7 ans, il pose les fondations de l’établissement que l’on connaît aujourd’hui : il installe la commissions scientifique, construit le service de relations internationales pour en faire autre chose qu’un bureau de voyage, négocie avec le Ministère des réductions de service pour les enseignants croulant sous l’innovation pédagogique. Il arrache des postes de professeur à Paris à une époque de pénurie. Ses étudiants bénéficient de son réseau international et on les retrouve en poste au Moyen-Orient, aux Etats-Unis, au Canada, à Singapour et ailleurs.

Pourquoi est-il venu à Grenoble, dont la centralité n’est pas manifeste ? Appelé par UCLA, parti temporairement à Aix-en-Provence, invité à répétition au Japon, pourquoi y est-il revenu et resté aujourd’hui ? D’abord parce que Sciences-Po a une taille « humaine », peut se transformer plus vite que les grosses machines universitaires : il brûle de le mettre à niveau au début des années quatre-vingt. Il analyse la plus value de la maison : son enseignement vise à faire prendre conscience aux étudiants de ce qu’ils sont capables de faire. A apprendre que tout est possible. Et à les tirer au niveau de leurs professeurs. Mais Grenoble est trop petit : à nouveau il lui faut plus large, global. Le modèle est bon, il faut l’exporter. Consultant pour le ministère des affaires étrangères dès 1987 et jusqu’à 2003, il multiplie son investissement dans les formations de type « sciences po » à l’étranger : Istanbul (Marmara puis Galatasaray), Jérusalem (Birzeit), Minsk (l’université humanitaire européenne), Beyrouth (la formation doctorale de l’USJ), Le Caire (la Faculté de sciences économiques et politiques).

Venu d’ailleurs, toujours ici et en même temps là-bas, il sait tout faire très jeune : il dirige un établissement universitaire, est expert pour le gouvernement, siège des années au CNRS, à l’ENA, à la FNSP, à l’Ecole Polytechnique, quitte à avoir quelques regrets semés ici où là, le long de sa route. Faire entrer le monde dans un institut d’études politiques suppose de pousser fort et peut laisser des courbatures. Son mentor et ami Frédéric Bon lui dit en 1987 au moment où il décida bien avant l’heure de laisser à François D’Arcy la direction de sciences po : « tu as greffé un moteur turbo sur une 2CV ». Peut-être est-ce pour aller plus vite que le voilà aujourd’hui associé au Collège d’Etudes Mondiales de Paris, et au Center for Organisation Design de l’Université d’Arizona à Phoenix. Quand je vous disais global.

Par Roché Sebastian

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Lancement du MOOC « penser global : exercices de géopolitique »

Ce cours en ligne commencera le 12 mai, les inscriptions sont déjà ouvertes sur la plateforme dédiée en suivant ce lien :

http://global.grenoble-em.com

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Conférence à l’Ecole des Mines / Ecole de Management de Paris

Texte de la conférence : VA100114

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Leçon inaugurale de l’année académique à Rabat

logoGEGE master class gros planDSC09981DSC09985master class EGE Rabat 9 novembre 2013

 Événements

 Samedi 09 Novembre 2013

 Leçon inaugurale : à quoi sert la science politique ?

Pour écouter et visionner la conférence : https://www.youtube.com/watch?v=R20og0yh3AM

Yves Schemeil, spécialiste de science politique globale et comparée donne la leçon inaugurale de l’Ecole de Gouvernance et d’Economie de Rabat. La science politique est une véritable connaissance et une pensée qui permet de comprendre l’évolution des sociétés, comprendre le cheminement des processus politiques, les points de comparaison entre les différentes sociétés et leurs modes d’institutionnalisation. Les étudiants de l’Ecole de Gouvernance et d’Economie reviendront avec Yves Schemeil sur la question de la vocation et de l’utilité de la science politique autour de deux extraits de son Introduction à la science politique. Objets, méthodes, résultats qu’ils auront spécifiquement travaillés. La science politique décrit et explique la façon qu’a chaque communauté politique de gérer ses affaires collectives, la façon dont elle produit ses normes internes dont les différences sociales s’éteignent ou au contraire se ravivent.

La leçon inaugurale se tiendra de 10h à midi. L’après-midi sera consacrée à des rencontres entre le conférencier et les étudiants des différents masters.

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Research Gate

Yves Schemeil est sur

ResearchGate

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Actualités de la rentrée

Rentrée chargée, comme nous tous. Lot de bonnes nouvelles, avec de nouveaux étudiants encouragés et conseillés qui se sont inscrits en thèse à Genève, Bruxelles, l’ENS Cachan et l’UQAM. Une entrée au bureau du Conseil d’administration de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme à Paris. Des initiatives dans le domaine de l’innovation pédagogique (un cours commun en visioconférence avec l’université de Keio, à Tokyo, mission du 4 au 10 octobre ; un MOOC de géopolitique, en ligne en février ; un rapport sur l’innovation pour le printemps). Un panel réussi à la conférence générale de l’ECPR à Bordeaux en septembre (sur les liens antre affects et raisonnement politique). La conférence inaugurale de la faculté de sciences politiques de l’EGE à Rabat le 9 novembre. Quatre articles ou chapitres d’ouvrage déposés. A suivre pour les détails dans les rubriques correspondantes de ce site !

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Séance de dédicace de deux ouvrages le 11 juillet à 10.00

A l’occasion du congrès AFSP 2013, une séance de dédicace est organisée à la librairie de Sciences-Po.
J’y dédicacerai deux ouvrages, l’un récent, l’autre en lien avec les thèmes abordés dans la ST 49, L’introduction à la science politique, objets méthodes, résultats de 2012; et Normer le monde, de 2009
Signature lors de la pause café du 11 juillet de 10H à 10H30 

 

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Workshop sur le raisonnement politique, PACTE et CEVIPOF, Paris

workshop 24 juin 2013_IMG_0391Les 24 et 25 juin un workshop a réuni 27 personnes dans la salle Annick Percheron pour discuter les résultats des enquêtes menées dans le cadre du groupe de recherche COGNI de PACTE. Une maquette de l’ouvrage intitulée Le raisonnement politique, comment les citoyens justifient leurs choix a ainsi fait l’objet d’une « peer review » en direct pendant dix heures, ce qui permet maintenant de l’améliorer en vue d’une publication sous forme de livre en français et d’articles en anglais.

Ont participé à la première journée  Dominique Joye, Daniel Gaxie, Jacques Gerstlé, Hanspeter Kriesi, Annie Laurent, Pierre Lefébure, Robert Luskin, Henry Milner, George Marcus, Anne Muxel, Vincent Tiberj, ainsi que Mathieu Brugidou, Claire Brachet, Robert Martin et Pascal Perrineau. Les membres de l’équipe COGNI étaient présents ce jour-là (Stéphanie Abrial, Sandrine Astor, Jérémy Bouillet, Bernard Denni, Guillaume Gourgues, Jean-Louis Marie, Alessandro Naï, Guillaume  Roux, Jessica Sainty, Annie-Claude Salomon, Yves Schemeil) ainsi que lendemain pour planifier les suites à donner aux commentaires entendus.

workshop 24 juin 2013.2.IMG_0392Les participants ont unanimement salué ce format inhabituel, dont les retombées scientifiques sont prometteuses. Les encouragements reçus, comme les critiques pertinentes émises, contribueront à un texte enrichi et amélioré. Les résultats des enquêtes conduite en 2006 (Lyon et Grenoble), 2009 (Rhône-Alpes, France entière) et 2012 (Suisse romande) deviendront ainsi accessibles à toutes les équipes travaillant sur ces objets (connaissances et compétence politique, rôles respectifs des facteurs affectifs, cognitifs et évaluatifs dans les débats politiques, choix et préférences, contre-argumentation).

 

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Conférence à la Fondation Maison des Sciences de l’Homme, Paris

1365169917423Vers une pensée vraiment universelle ? L’apport des auteurs non-occidentaux à la construction de la modernité

Jeudi 16 mai, 14h30, 3e session : L’universel et l’altérité

Yves Schemeil, professeur à l’IEP de Grenoble

Au lieu d’opposer les conceptions occidentales et non occidentales de la politique et de la société, sans parler de l’opposition classique mais dépassée de la modernité et de la tradition, cette communication montrera comment différents courants de pensée ont contribué toutes ensemble à l’édification d’une pensée moderne. Les traductions et les commentaires qui se multiplient rendent aujourd’hui possible un premier bilan des ces apports, venus du monde musulman, du monde arabe, du monde indien, du monde chinois et du monde japonais. Ils permettent d’infirmer l’idée que les valeurs dites universelles seraient en réalité purement occidentales, car elles ne sont pas nées uniquement en Europe mais proviennent aussi de sources non européennes.

 

Lundi 13 et mardi 14 mai

Workshop sur la pensée politique non occidentale. Une initiative du Collège d’Etudes Mondiales de la FMSH.

Conçu et animé par Yves Schemeil, il a réuni (de gauche à droite sur la photo) Hiroshi Watanabe (Tokyo), Rajeev Bhargava (Delhi), Tewfic Aclimandos (Le caire), Charles Butterworth (Maryland), et Jean Leca (Paris)

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Non-Western Political Thought: Further Reflections on Modernity

Paris, Fall 2014

This project is part of a series of events of the College d’Etudes Mondiales, inaugurated in May 2013 by a workshop among scholars to retrieve the contribution of non-Western thinkers to Universal ideas about justice, liberty, and democracy. As a closed-door meeting due to be held in Paris, Fall 2014, with guest contributors nominated by the founding committee to achieve a more adequate representation of all regions, it will prepare a 2015 World Congress.

We want to break with the view that anything worth of intellectual value would already be enclosed into Western philosophy. The equivalence between “universal”, “modern”, and “Western” should not conceal non-Western contributions to a global intelligence of world history. Essential problems were often defined likewise everywhere, and the concepts coined to address them are very similar even though the solutions given varied. If we define modernity by the generalization of democracy, tolerance and rationalism, if not secularism and individualism, then modernity existed long before the West invented it, albeit in particular guises. That, prior to the Meiji restoration Japanese had no word for constitution and religion–also unknown by Hinduism–or Muslims substituted “friendship” and “mutual love” to “justice” does not mean that functional equivalents were unknown, or that concepts are required for a reality to exist.

One way to address translation difficulties is to discuss the significations of modernity, some born in the “modern” West, and others imagined in the “traditional” Rest. The visions of Middle Eastern, Indian, and Japanese experience with modernization that we may exhume from the texts contradict the famous Literature on the Axial Age–according to which the premises of modernity occurred virtually at the same time and entailed the same profound intellectual changes. In contrast, we assume that the notion of modernity emerged at different times and places. We must also abandon the idea that from the West to the East it is a one-way street, even though Western specificity may eventually lies in management capabilities and organizational behavior rather than political values and beliefs; and a tendency to separate the public from the private (although there are different degrees of ‘publicness’ everywhere).

Whether as a hole or disaggregated into several components (secularism, individualism, bureaucratic organization, etc.), modernity cannot simply be dated and located in the Renaissance West. The history told in Western political philosophy is far too unifying, whether it addresses Western or Eastern texts. To live in a more civilized world we must find better answers to big questions (is a world public philosophy possible? Can a global history exist?), since the problems of the world cannot be solved within a single intellectual tradition.

 

 

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Légende du bandeau

De gauche à droite et de haut en bas : les trois singes de la sagesse (sculpture de Hidari Jingoro au sanctuaire Toshugu, Nikko, Japon, 17ème siècle) ;  la couverture du premier numéro de la revue Global Constitutionalism ; une photo de l’auteur dans le studio de la NHK à Tokyo, réplique de celui de France 24; une maquette d’architecture révolutionnaire (Musée de Vizille) ; la couverture de la 2ème édition du manuel de science politique ; la répression d’une manifestation musclée en Amérique ; un ensemble d’immeubles gouvernementaux à Tokyo ; deux passagères du métro de Tokyo en pleine lecture de mangas ; la couverture de l’ouvrage collectif Governance of the Internet (Cambridge University Press) ; le tableau de Henri-Félix Emmanuel Philippoteaux intitulé « le dernier banquet des Girondins – Musée de Vizille, visible en couleur sur :
http://www.domaine-vizille.fr/391-les-collections.htm

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