L’auteur

Portraits en directeur (1981, Sciences po Grenoble) et en chercheur (Berlin, 2006)

Yves Schemeil est un Politiste français, spécialiste de politique globale et comparée. Ses travaux portent sur l’épistémologie et la méthode de la science politique [1], l’anthropologie Yves_FU_Berlinpolitique[2], la psychologie politique[3], les relations internationales[4]. Ils se concentrent en particulier sur la construction de la culture politique[5] et de la compétence argumentative, et sur l’institutionnalisation du monde[6]. Ils ont pour terrains empiriques, d’une part, l’histoire longue du Moyen-Orient et de l’Asie[7], en comparaison avec les transformations du monde occidental ; d’autre part, les organisations intergouvernementales en relation avec les ONG[8].

Parmi les principaux résultats de ses recherches, on peut mentionner : 1) l’universalité de la politique, dont les transformations localisées dans l’espace et dans le temps n’affectent pas les lois qui la gouvernent toujours et partout où elle est documentée (comme le refus de l’accumulation durable du pouvoir entre les mêmes mains, la substitution progressive mais très précoce et très répandue du débat contradictoire au combat), sans pour autant Y. Schemeil directeur de l'IEP de Grenoble, 1981qu’il s’agisse d’invariants et de lois structurales au sens du structuralisme de Claude Lévi-Strauss[9]. 2) Les rapports étroits entre organisation sociale et ordre politique, notamment dans le monde arabe et au Japon, où le poids respectif de l’endogamie et de l’exogamie a des effets différenciés sur le développement économique et la construction de l’État[10]. 3) Le transfert de compétences des groupements privés aux institutions publiques, soit à l’intérieur des États, soit entre eux et des institutions internationales dont la montée en puissance est réelle[11].

Un parti pris constant de ses recherches est notable pour son originalité dans la communauté académique francophone : il considère la science politique à la fois comme une discipline scientifique (positive et empirique) et comme une discipline unifiée (incluant la sociologie politique, davantage étudiée en France que les autres branches de ce savoir, comme la théorie et la philosophie politiques, l’analyse des politiques publiques et des organisations, l’étude des relations internationales et de la politique globale[12] ; mais aussi, les études de genre, d’ethnicité, de communication politique et de « biopolitique » qui émergent depuis quelques années).

Enseignement

Yves Schemeil a enseigné et effectué des recherches en France (IEP d’Aix, Bordeaux, Paris et Grenoble), aux États-Unis (Berkeley, UCLA, Chicago), au Liban, en Égypte, en Suisse, et au Japon. Il a été directeur de sciences po Grenoble de 1981 à 1987, directeur de la formation doctorale en science politique à Aix-en-Provence de 1991 à 1997, et consultant au Ministère des Affaires Étrangères de 1987 à 2003. Il a aussi été président du jury d’agrégation des professeurs d’universités en science politique vice-président de l’Association Française (AFSP) et de l’Association Internationale de Science Politique (AISP/IPSA). Il a siégé ou siège encore dans différentes instances du CNRS, de l’ENA, de la FNSP, de l’École Polytechnique, de la Fondation maison de Sciences de l’Homme. Il enseigne la science politique et le management des organisations internationales.

Publications

Il est l’auteur de deux manuels de la discipline (La science politique, A. Colin, Cursus, 1994 ; Introduction à la science politique, Dalloz et Presses de Science Po, Amphithéâtre, 2010, revu et augmenté en 2012) et de plusieurs ouvrages et articles de référence en français et en anglais, dont quelques-uns ont été traduits en japonais, en arabe et en espagnol.

Notes et références

  1. ↑ o Les discours de la politique. Textes de Frédéric Bon réunis et présentés par Y.S., Paris, Economica, 1991 (Politique comparée); “La mégère apprivoisée : vers un usage raisonné de l’approche par les choix rationnels en France », pp. 37-57 dans M. Delori, D. Deschaux-Beaume et S. Saurugger (dir.), Le choix rationnel en science politique : débats critiques, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2009, 360 p. ; « La politique se fait-elle à la corbeille ? James March et la science politique française, Revue Française de Gestion, 28 (19-39), juillet-août 2002, p. 213-228 ; « Les origines anglo-saxonnes de la science politique française. », p. 272-275 dans Guillaume (Marc), L’état des sciences sociales en France, Paris, La Découverte, 1986.
  2. ↑ “Une anthropologie politiste en France”, Raisons Politiques, 22, avril 2006 ; « Banquets publics : réseaux de sociabilité dans le monde », p.1734-1760 dans A. Montandon, dir., Le livre de l’hospitalité. Accueil de l’étranger dans l’histoire et les cultures, Paris, Bayard Presse, 2004 ; « Entre le Tigre et le Nil », dans Marcel Detienne, Qui veut prendre la parole ? Le Genre humain, Seuil, p. 273-302, 2003 ; Déjeuner en paix : banquets et citoyenneté en Méditerranée orientale », RFSP, août-octobre.
  3. ↑ « Information politique et formation des compétences cognitives en Europe », dans J.Gerstlé, Les effets d’information en politique, Paris, L’Harmattan, 2001.
  4. ↑ “Expertise and Political Competence: Consensus Making within the World Trade and the World Meteorological Organizations”, p. 77-89, dans Reinalda (B.), Verbeek (B.), Decision-Making Within International organizations, London, Routledge, 2004 ; « L’OMC et l’instabilité internationale », p.39-58, dans G. Lachapelle et S. Paquin, Mondialisation, gouvernance et nouvelles stratégies subétatiques, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2004 ; « Les biens publics premiers : Babel, côté tour et côté jardin », dans F. Constantin, Les biens publics mondiaux, Paris, l’Harmattan, p.101-131. .)
  5. ↑ « Les cultures politiques. », p. 237-307 dans Grawitz (M.), Leca (J.), Traité de science politique, volume 3, 1985.
  6. ↑ avec W.D. Eberwein), dir. Normer le Monde, Paris, L’Harmattan, 2009 387 p. (introduction : « Le mystère de l’énonciation : normes et normalité en relations internationales », pp. 7-62
  7. ↑ Towards a new political economy of state industrialization in the Middle East” (avec Michel Chatelus) dans Niblock (Timothy), ed., The Political Economy of the Middle East, Londres, Elgar, 1999.
  8. ↑ “From Mutual denegation to mutual recognition: NGO / IGO partnership in trade and Atom”, Cosmopolis (Tokyo), 2009.
  9. ↑ “Democracy Before Democracy?”, International Political Science Review, n°2, 2000 ; La Politique dans l’Ancien Orient, Presses de Sciences Po, 480 p. (collection académique) (Al siyasat fi-l-charq al-qadim, traduit par Mustapha Maher, Le Caire, Al majlis al aala al thaqafa, 2007, 610 p.
  10. ↑ « Le Moyen-Orient entre communautés d’origine et communauté de destin », p. 89-110 dans F. Kiwan, dir., Citoyenneté et déconstruction de l’État, Actes du séminaire tenu le 30 et 31 mai 2002, Beyrouth, Presses de l’Université Saint-Joseph, 2004 ; « Du domestique au politique : États et communautés au Moyen-Orient » p. 109-125 dans Etre gouverné, Etudes en l’honneur de Jean Leca, Paris, Presses de Sciences Po, 2003.
  11. ↑ « Estomper les frontières, institutionnaliser le monde » dans P. de Senarclens, (dir.), La frontière dans tous ses états, Genève, Bruylant, 2009.
  12. ↑ La science politique, Paris, A. Colin, 1994, 189 p. (Collection Cursus)
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